Banalité journalière
C'est souvent à la veille des fêtes de Noël qu'on se retrouve, l'oeil hagard et la mâchoire lachée, devant les rayons DVD se demandant avec rage ce que l'autre enculé , à qui on destine nos achats, nous offrira en échange.
Admettons le bien; Noël, c'est vraiment une fête à la con pendant laquelle ceux qui se font le plus avoir sont ceux qui ont le plus d'amis.
Bref, déambulant calmement dans les rayons d'un hypermarché dans lequel j'étais venu au départ pour n'acheter que le strict minimum ainsi que de quoi manger; je fis deux constats.
Le premier, c'était l'absence de nouveautée DVD interressante (choix de cadeaux numéro un)
Le second, c'était l'absence d'ouvrage littéraire interressant. (choix numéro deux)
Il est vrai qu'entre la biographie de Sarkozy, les projets de Bayrou, l'enfance de Royale, le cors au pied de Cécilia, la dernier roman "soyons fier d'être pédé et racontons allégrement aux autres comment nous lubrifions nos anus respectif avant le coït" de Pascal Sevran , dont on est en droit de se demander qui celà interresserait : il n'y a rien.
Rien , mais alors rien!
Je trouve bien vite l'explication à celà en voyant le une vieille dame (une vieille dame! Alors si les vieux se mettent à lire de la merde!) en train de peiner à se décider entre deux livres.
Je comprends très vite ce choix cornélien qui plonge ses méninges déjà anasthésiés par l'emission d'Arthur et celle de Bataille et Fontaine qui nous vendent chaque jour du sourire et des larmes à bon prix, et que nous, pauvres cons d'humains voyeurs, ne pouvons nous empêcher de regarder tout en songeant à voix haute "mon Dieu que c'est con, mais que c'est con..."
Revenons en à cette vieille dame .
La bougresse avait porté son choix sur deux ouvrages dont la couverture à l'eau de rose préfigure un avenir certain pour Laurel si le monde du roman à l'eau de rose décide un jour de demander des illustrateurs. 
Après avoir opté pour le judicieux choix de prendre les deux (5 euros le tout, je vous prie!) la dame s'écarte, et mon regard scrute ces rayons sous fond de musique d'ascenseur.
Au bout d'une quizaine de minutes, j'opte pour "Extention du domaine de la lutte", de Houellebeq.
Après tout, je lui ai tellement craché dessus sans l'avoir lu, juste pour faire chier ses fans qui voit en lui un messie, que je lui dois bien l'aumône d'ouvrir ses pages.
Et puis en même temps, m'apercevant de l'épaisseur du bouquins et de la grosseur de la police des caractères qui ferait rougir un lecteur de oui-oui , je me dis que finalement, même si je m'emmerde à lire, je ne lirais pas bien longtemps. ( et puis 5 euros quoi....)
Ainsi donc , me voici reparti direction la caisse avec mes deux bouquins (en second choix j'optais pour un K.Dick à 2€, ce qui amène à situer K.Dick , à l'echelle des prix, à 75% de talent en dessus du livre de Sarkozy. Héretique!) .
C'est une fois de retour à mon logis, le cul enfoncé dans mon canapé, les yeux plongés dans la boite à con qui diffusait une série américaine dans laquelle Jack et Jenny avait décidé de fuir avec un enfant qui n'était pas le leur (snif) , histoire dont on précise bien qu'elle est tiré de faits réels et Ô combien émouvants; c'est au milieu de cette instant de béatitude lobotimique que je me fis deux réfléxion (tour de force; vous avez déjà réussit à réfléchir devant la télé vous?) .
La première, c'était que je comprennais pourquoi les américains étaient si con .
La seconde, c'est que j'avais oublié d'acheter de la purée, chose dont on peut se dire qu'elle ne fait pas parti des priorités de la vie, sauf quand on a décidé le soir même de se faire une purée saucisse.
Me voilà donc , grommelant, ratachant mes lacets et revêtant mon blouson, me préparant à filer jusqu'à l'épicerie du coin pour réparer cette lacune alimentaire (j'en profitais aussi pour acheter des saucisses tiens...)
J'aime bien l'épicerie du coin parce qu'il n'y a jamais trop de monde (ce qui peut s'expliquer par les prix prohibitif des articles en rayon) et parce que l'épicier est vraiment gentil, bien que très laid.
En fait, j'aime beaucoup me rendre dans ce petit lieu de commerce artisanale afin de l'entendre me narrer les dernières anecdotes de la ville; qui est mort; qui est en passe de l'être, et qui ne l'est malheureusement pas encore. Comme beaucoup de gens, les meusiens aiment médire et tant mieux car ça me divertit.
Aujourd'hui donc, rien de nouveau à l'ouest du cimetierre. Tant pis.
Après avoir prit mes produits, avoir déboursé 22€ , et les avoir rangé dans ma besace, j'amorçais une petite discution sympathique sur le travail de la police municipale zélée sur les PV de stationnement à laquelle se joint une dame d'une cinquantaine d'année qui nous fit profiter d'une petite anecdote dont elle disait avoir fait l'objet.
Il était question d'une femme flic qui , selon notre narratrice, avait la fâcheuse tendance à verbaliser pour n'importe quoi .
La discution sur l'utilité de la maréchaussé dans de telles circonstances battait son plein, quand , alors que l'épicier avait du mal à voir à qui la cliente faisait allusion, cette dernière se lança dans une explication qui piqua ma curiosité. 
Interloqué par cet élément invoquant un facteur pigmentaire incongrue dans la conversation puisqu'il s'agissait là d'une banale palabre sur le rôle des forces de l'ordre pour qui j'ai par ailleurs le plus grand respect étant donné que je n'ai toujours écoppé d'aucune amende malgré les trois contrôles pendant lesquels j'ai soutenu mordicus que "mais siii j'vous jure! J'étais sur le point d'aller au garage pour faire mon contrôle technique!!" ,
J'en arrivais à cette conclusion simple : la dame avait des apprioris sur les nègres.
Si il est vrai que le nègre d'Afrique est rieur et mange des bananes tout en s'essayant à la course avec ses amis quand il ne passe pas son temps à rire bêtement perchés sur de grands arbres, à mesurer la longueur de son sexe ou à souffler dans une trompette ; ceux qui sont en France sont exempt de ces folkoriques petites particularités.
La dame semblait l'ignorer.
Que de préjugés chez nos vieux, ceux là même qui achetent des romans à l'eau de rose.
C'est ainsi ,avec ce léger appriori, que je me laissais aller à ce petit commentaire jovial , dit suffisament fort pour être entendu, mais pas assez pour qu'elle soit sûre que je l'ai bien prononcé. 
Petite satisfaction jouissive, même si je dois bien le préciser :
Mais quand même, les vieux...