Ça a commencé à 11h, quand cette connasse de l'agence est venu frapper à ma porte avec une pute et sa pute de mère pour faire visiter mon appartement avec moi dedans.

Je ne suis pas jouasse quand on me réveille, et si j'ai envie de me coucher à 4h et de me réveiller à midi ça me regarde.

J'allais être de mauvaise humeur toute la journée, crispé, énervé, agressif.

« Il est bien cet appartement? » c'est à moi qu'elle parle la plus vieille des deux putes. « non » je répond, « c'est pour ça que je me tire. »

Elle me fait un sourire qui sous-entend « hihihi vous êtes très drôle, car vous plaisantez n'est-ce pas? » sauf que je ne plaisante pas.

C'est un appartement torché à la vasy que j'te pousse, la plomberie a été fait par un apprenti plombier bourré qui a bien fait attention à faire des petits trous un peu partout, on a jamais poncé la rampe d'escalier, le tout est mal éclairé, déprimant.

Quel con de leur avoir dit ça, j'y ai pensé après mais si j'avais menti elle l'aurait peut-être pris cet appart' de merde, et j'aurais été tranquille jusqu'au déménagement.

 

De bonne ou de mauvaise humeur quand on vit seul on a pas le choix, personne ne va faire mes courses à ma place alors je prend ma caisse pour aller me garer dans les rues impossible de la ville.

Tous les cons sont au rendez-vous, à traquer la moindre place pour y garer leur pousse-merde.

Je croise des couples improbables, des mutants croisés qui se pourlèche la gueule, j'ai envie de les gazer.

Quatre petits cons entre 14 et 16 ans se baladent avec le son de leur Ipod à fond, parlant fort pour faire les intéressants.

Achète un transistor pauvre abruti, c'est moins cher qu'un Ipod et ça fait plus de bruit.

L'une des deux gamines a trouvé un oisillon par terre, elle se trimballe avec.

Comme ils marchent volontairement lentement, je me fais une place volontairement violemment puisque je ne peux doubler ni par la gauche ni par la droite au vu du trottoir exigue.

Je marche plus vite qu'eux parce-que je suis pressé que ça se finisse, je ne suis pas venu flâner, je suis venu acheter trois grandes enveloppes rembourrées et à bouffer pour ce soir.

Dans mon dos je les entends parler.

« Hé il est où mon oiseaux? »

C'est la gamine.

« Hé il est où?

  • Mais c'est bon, on s'en fout hohoho – rire d'ado à peine pubère qui donne dans le « nique la vie heuheu trop rebel', j'ai peur de rien » »

 

«Mais arrête t'es con! »

Con numéro 1 a shooté dans l'oisillon, ce qui l'a probablement tué.

Con numéro 2 : « T'assures pas! Imagine t'es au milieu de la route et on te shoote dedans !»

Je sens que je marche moins vite. Si j'avais été derrière eux et que j'avais vu ça, j'aurais flanqué de toutes mes forces mon poing dans la gueule de con numéro 1 , quelque soit son âge.

Je me contrôle pour penser à autre chose et je prend un peu de vitesse pour les semer de mon espace vital.

 

Le calvaire commence. Les petites vieilles, séniles, impotentes, inutiles, moches, ridées, en fin de vie, passant leur journées assises sur les banc du supermarché à échanger des potins sur le voisinage et autres futilitées, toutes sont là.

En fait, il y'a là toute la fange de l'espèce humaine. Une agglomération de pus dégueulasse qui grouille dans les rayons, remplissant compulsivement leur caddie de bouffe sous plastique.

 

Je suis derrière deux putes qui avance d'un pas lent, commentant les rayons et ce qu'ils contiennent.

Moi je suis derrière, j'aimerais juste passer parce-que j'ai pas que ça à foutre.

Je pousse une des deux putes qui se retourne et me demande « pardon! » , je trace sans répondre au rayon alcool car quelque chose me dit que je vais en avoir besoin ce soir.

Moi mes courses sont faites en 10 mn.

10 mn de courses pour 20 mn de queue.

Je me retrouve derrière un gros tas moche, comme j'ai l'impression qu'ils sont légion dans le coin.

Ce gros tas moche est probablement de sexe féminin et déballe lentement ses victuailles sur le tapis roulant pour que la mocheté de caissière les enregistrent.

Je compte : deux paquets de gâteaux genre galettes enrobés de génoise, un sac de chips et une bouteille de coca.

Ce gros tas doit se demander pourquoi elle est grosse tout en s'empiffrant d'énormes poignées de chips devant sa télé. « bouuuhouu maman, j'arrive pas à maigrir ! »

Il n'y a pas de hasard.

 

Devant gros tas, mémé a du mal à payer. Elle sait pas, elle sait plus, pis elle a pas son chéquier, pis elle demande un stylo, « ha ben non puisque j'ai pas mon chéquier hihihi » , elle regarde derrière elle espérant que ceux qui attendent que sa majesté des asticots en devenir ait fini de bouger son vieux cul de cadavre en sursis pour qu'ils prennent sa place.

Mémé a sorti des pièces. Alors ça fait combien? Non ça c'est un euro mémé, non ça c'est un centime, non mémé on accepte pas les francs, ni les écus, ni les deniers, ni les sesterces; PUTAIN MAGNE TOI MÉMÉ OU J'TE SAIGNE!

 

Pour conditionner mon envie de tuer mémé, je regarde les postes de télé installés à droite de la caisse.

Oh, comme c'est pas intéressant.

Mémé fini de payer, mais avant de partir, mémé doit finir de bien faire chier tout le monde en demandant à la caissière si elle a le droit à des réductions avec sa carte bonus, et comment ça marche, et pourquoi, et puis quand c'est fini, mémé prend son temps pour ranger ses achats dans son cabat.

Oh elle pourrait le faire un mètre plus loin, mais ça ne ferait chier personne.

Les vieux, c'est comme les juifs. On ose pas les envoyer chier. Surtout qu'il y'a bien plus que 6 millions de vieux morts si on sait compter.

 

Je passe, je sors un vieux sac plastique de ma sacoche, le défroisse d'un coup sec pour marqué mon agacement, j'empoigne mes achats pour les glisser à la vitesse de l'éclair dans le sac.

Je sors ma mastercard, je tape mon code, je retire ma carte, je range mon portefeuille : à peine le temps de prendre le ticket de caisse que la pute de caissière moche me tend, je suis dehors.

 

Je suis dehors et mon ami Vladimir est là, avec son sourire jovial et ses journaux à 2€ fait par des sans-logis. Il me fixe. « c'est le nouveau! Patron c'est le nouveau! »

C'est un peu une tradition. Je lui achète son torche-cul depuis toujours alors je sors ma pièce et je prend sa feuille de chou qui me servira plus tard à faire la caisse du chat.

A coté de lui, un mec basané et sale me regarde. Il me temps un papier sur lequel est inscrit un truc du genre « je suis pauvre, j'ai faim » je suis une grosse merde, je veux ton pognon, etc.

Pas de chance, j'ai filé ma dernière pièce à Vladimir. Et puis merde, j'ai pas l'âme à être généreux avec les gens sales aujourd'hui.

Il ne comprend rien. Je lui montre donc l'intérieur de mon portefeuille pour bien qu'il remarque qu'il ne me reste plus que 12 centimes.

Il me tend la main avec la tête d'un mauvais acteur qui mimerait la pitié.

Alors que je sors les deux piècettes de mon portefeuille, l'une d'elle tombe par terre.

Il se jette pour la ramasser comme si un lingot d'or.

Je suis médusé. Je me casse.

 

Je remonte en voiture jusqu'au parking près de chez moi. Une chance : il reste une place de stationnement, ce qui est assez rare.

 

Je me gare, sors mes courses, et rentre chez moi.

Bip-Bip ! Mon téléphone carillonne. Ça n'est pas un appel, c'est un sms.

Mon ex m'avertit que, finalement, exceptionnellement, elle a changé ses projets. Elle va rester chez son mec aujourd'hui et jusqu'à demain et me demande si je peux venir nourrir ses chats en son absence.

Irrité, je la remercie ironiquement de me prévenir alors que je viens de rentrer chez moi.

Elle me répond, toujours par sms, que « c'est pas grave, ils tiendront bien jusqu'à demain! »

 

Je suis encore plus agacé, car si elle se branle complètement du devenir de ses animaux, moi pas.

Autant apprendre la mort d'une vieille connaissance m'indiffère totalement, autant savoir qu'un animal est ou va mourir peu me rendre très triste. Oui un peu comme Hitler.

Je pars du principe qu'un animal est innocent par nature, et qu'il ne mérite donc ni la souffrance ni la mort. Contrairement à l'homme qui lui est toujours coupable, ne serait-ce que de se gaver de chips ou de confondre francs et €uros.

 

Alors je redescend, à pied ce coup-ci, jusque chez elle pour nourrir ses chats.

Je rumine en marchant, et je repense à tout ce qui n'est pas juste. Ça fait un paquet de choses.

Je repense à Siné qui s'est fait virer de ce journal de merde qu'est charly-hebdo pour avoir prononcer les mots « juif » et « argent » -le prononcer? Le sous-entendre (c'est pire car c'est rampant brrr  ) ce dans la même phrase.

Le chevalier des droits de l'homme, Philippe Val, l'a évidement accusé d'antisémitisme.

La licra, (l'association de malfaiteurs procéduriers dont l'activité consiste à s'indigner pour prendre du pognon dans divers procès) menace de procès.

La licra, dont le patron, Patrick Gaubert, est un proche ami de Nicolas Sarkozy. (ça n'a rien à voir non, c'est juste que j'étais en train d'y penser) .

 

Bref, j'y repense et je me dis « ouf! » heureusement qu'il y'a des gens pour nous montrer où sont les vrais nazis. Sinon on saurait pas, nous les cons.

Heureusement que ce dangereux vieux nazi de Siné a été viré! Bien fait! Viré aussi Dieudonné, ce nègre qui ne veut pas acheter les disques de Bruel et participer aux émissions d'Arthur! Viré Viré Viréééé!

Tous des nazis!

Jamais les nazis ne m'ont été aussi sympathique. Je m'imagine ayant tous les pouvoirs et forçant ce con de Val à dîner avec Robert Faurisson après qu'on lui ait arraché les cordes vocales. (à Val ).

Je me marre en y pensant.

Je passe devant un bureau de tabac-maison de la presse dont il m'arrive de papoter avec le patron.

Je lui demande si à sa connaissance, un canard, n'importe lequel, a parlé de cette histoire de Siné.

Personne.

A la télé, personne, la seule source d'information par laquelle j'ai apprit la chose, c'est internet.

49% des français utilisent internet. Donc 51% n'utilisent pas internet, et partant du principe que parmi les 49% qui l'utilisent, 80% ne s'en servent que pour se branler devant des films X, nous voilà avec un peuple bien informé (Sans compter ceux qui s'en foutent ou qui vont valider la thèse selon laquelle Siné est antisémite, évidement) .

 

C'est pas ma faute si j'ai une sympathie quasi directe vis à vis des proscrit, quelques soient leurs fautes.

C'est pas ma faute si je préfère Soral à ce cuistre de BHL ou Tarik Ramadan à cet imposteur de Val.

J'ai pas l'habitude de faire dans les nuances. Ça m'énerve, ça n'est pas drôle, ça ne bouge pas, c'est statique, chiant, convenu, lénifiant.

Même ceux censés incarner l'opposition ne sont que des guignols. Quelle personne, possédant un cerveau en état de marche, peut croire une seconde qu'Olivier Besancenot, le trotskiste de salon, incarne une opposition réelle au pouvoir en place? Vaste rigolade!

 

Mais qui parlera? Qui dira un jour à la télé ce que JE pense ? Ce que JE sais? Ce sur quoi JE peux argumenter?

Personne, car il deviendrait un paria dans la seconde et perdrait son gagne-pain.

L'opposition c'est Besancenot ou rien.

Chouette avenir.