J'etais en train de faire une planche sur complétement autre chose que le sujet que je vais aborder ici, quand tout à coup, le sujet en question claqua si fort la porte d'entrée de l'immeuble que je sursautais, et commençais à m'interroger sur son existence (au sujet, pas à la porte d'entrée).

Le sujet, c'est Joseph, Joseph c'est mon voisin du dessous, mon voisin du dessous, c'est un vieux d'environ 55 balais à vu de nez, mais comme on dit qu'il faut toujours enlever 5 ans aux alcooliques, alors il en a probablement 50 .

"Eul' Joseph".
Permettez moi d'abord de vous expliquer le pourquoi du "Eul" .
"Eul" c'est "Le" .
Là d'où je viens, (une petite bourgade sympathique qui comptent 600 habitants en comptant le cimetierre et dont l'attrait qu'on les habitants pour le foot , la vigne, et LePen n'est plus à démontrer. )
En fait , c'est en déménageant dans la meuse (autre trou , autre pâtois) que je me suis remis à appeler les gens par leur prénom sans les précéder d'un article.

jo1

J'ai parlé comme ça (la langue du terroir) pendant un moment.
Je suis presque bilingue en fait.
C'était sympa cette petite touche campagnarde. Comme le fait par exemple de remplaçer tous les "An" par des "On" , ce qui donne dons un dialogue ahec un autochtone, un hondicap eu'd départ si on sait po common qui faut porler.



Eul' Jospeh donc, c'est lui, et manifestement il semblerait qu'il soit marnais vu son accent.
jo2

En même temps, je dois avouer si je veux être honnête, que depuis que je le croise dans les couloirs, je ne l'ai entendu prononcé une phrase en entier qu'une seule fois. Le reste n'étant qu'onomatopées.

Cette fameuse phrase, je m'en souviens encore.
" - J'attonds une livraison" .
Il attondait donc une livraison.
Qu'attondait-il comment livraison, je ne le savais pas , et j'avoue ne pas m'être interressée plus qu'il l'aurait fallut à ce que devait contenir cette livraison qu'il attondait si impatiement, mais j'ai finit par le savoir.
C'etait un poste de télévision qu'Eul Joseph attondait impatiemont .


Mais qui est donc cet être étronge ?
Commont est-il arrivée dans cette cellule dans laquelle il vit?  (Je dis cellule parce qu'il s'agit d'un appartement situé sous le sol, ce qui fait que la fenetre.... La lucarne d'Eul Joseph donne sur un jolie morceau de gazon; et si il tend la tête , il peut même apercevoir le mur d'en face, qui est à deux mètres.)

C'est vrai que je me suis toujours posé des questions sur la vie des gens. Toujours très brièvement.... Non pas que je n'avais pas le temps ni l'esprit sociologique me permettant d'établir une analyse cohérente sur un personnage bien précis, mais plutôt que je n'en avais vraiment rien à foutre.

Mon ancienne voisine, que j'aimais plus pour ses cris de jouissance nocturne obtenus par la grâce du délicat jeu de langue de sa compagne entre ses cuisses fermes de salope de gouinasse, m'avait à l'époque raconté que c'était un monsieur dont les services sociaux s'occupaient.

En clair, les services sociaux geraient l'argent du Joseph, lui avait procuré une cellule, et jeté la clef des problèmes personnelles de ce marginal dans la fosse septique du libéralisme actif où un homme qui ne cravaille plus n'est plus vraiment un homme.


Je n'accordais pas plus d'importance à ce sujet jusqu'au jour où je le croisais , lui allant à la boulongerie et moi en repartant.
jo3

Il faut que je vous précise plusieurs points : l'endroit où je vis est situé sur une longue côte "La Ville Haute" , faisant parti d'une même ville comprennant ainsi "La Ville Basse" (le centre ville) , les logements HLM où on a rangé les arabes, et la Ville Haute donc, où je vis .
Dans la "Ville Haute", il ne reste qu'un seul commerce : une boulongerie.
Les prix sont prohibitif, mais croyez moi, une bouteille de coca vaut bien 3€50 quand on est samedi soir 20h et qu'il ne reste qu'Auchon d'ouvert -sachont qu'Auchon se situe à environ 3km- .
Alors moi , j'ai une voiture oui.
Mais Eul Joseph : non. Et quand on a pas de voiture, on prend ses pieds, et si on ne veut pas prendre ses pieds, on prend son mal en patience.
Et Eul Joseph, il est alcoolique, et pour un alcoolique ; ne pas avoir d'alcool dans son frigo ou ailleurs avant 20h un samedi soir , ça signifie passer une soirée sans boire !
Et à la boulongerie : on vend du pinard.
Il est dégueulasse, il m'est arrivé d'en acheter pour accompagner fromage ou charcuterie, ou tout simplement pour oublier que je n'avais plus de fromage et de charcuterie; et c'est une piquette aussi râpeuse que le cul d'un lépreux.



Je ne suis pas du genre à croire aux signes, aux superstitions, mais il y'a quelques jours, avant de m'endormir, je réfléchissais; et allez savoir pourquoi : c'est quand je suis sur le point de m'endormir que j'ai les meilleurs idées, ou que les idées les plus saugrenues me viennent en tête.

...Et si Dieu, ce vieux pervers farceur, qui s'amuse avec le monde comme avec un ballon de foot dans lequel il shooterait allégrement avec ses autres copains dieux et qui atterirait un jour dans une marre de fioul, l'autre sur la seringue d'un ange héroïnomane; si ce vieux bout en train qui s'amuse à créer l'homme avec des défauts, comme si c'était pas déjà suffisament chiant, qui nous promet tout si on y touche pas, qui nous offre des femmes aux culs tendu et à la cervelle contradictoire, qui finalement joue le rôle du gardien de musée qui dit aux gosses de troisième du Collège Louis Pasteur "On regarde avec les yeux", Si Dieu avait voulu me faire un signe afin de me torturer l'esprit ?

jo4


Car en fait, j'ai visité l'appartement d'Eul Joseph peu avant qu'il y eménage ; j'ai même faillit le prendre ce jour là (je pensais ne pas vraiment y vivre, j'étais en couple à l'époque) , et c'est un peu au hasard que j'ai opté pour celui du dessus.

Car en fait également, le vieux Joseph parle l'accent de mon patelin d'origine (signe?) , et est maigre comme un clou, exactement comme je l'ai été jusqu'à ce que je prenne du poid à 26 ans.

Moi aussi ai un certain penchant pour l'alcool, même si il serait hatif de me dire que je tend vers l'alcoolisme, Joseph à un penchant certain pour l'alcoolisme, et il n'est pas attif de dire qu'il en est dépendant.

Et celà m'amène à une autre question : Pourquoi devient-on alcoolique ?

Et si Eul'Joseph avait eu des ambitions ambitioneuses , trop, à une époque où certains moyens de communications cyber n'existaient pas et ne facilitaient donc pas le contact  ?


jo5


Et si, ayant perdu toute famille, tout amis, toutes perspective d'avenir, il s'était résigné à écouter et suivre le discours du Sarkozy de l'époque et à cravailler , puisque ça rend heureux lui avait dit le fils de Doriot, quitte à accepter n'importe quoi, puisque c'est l'effort qui compte et qui rend fier de ce qu'on est, comme lui avait précisé le fils de Laval ?

jo6


Et si , usé moralement par la vie qu'on lui proposait mais qui ne lui convenait pas, il avait finit par en être exclut par le système vil de "la loi de celui qui a le plus envie de cravailler"?

jo7

Si , parce-que ses ambitions à lui étaient d'une autre sorte que les ambitions des ambitieux actuels, dont l'objectif est le Dieu Yehn, Dollar ou €uro, il avait finit par tout rater parce-que ses ambitions à lui ne servaient à rien à l'économie de marché ?

En faut-il plus ?
jo8

Si;  résigné une deuxième fois à finir sa vie dans la cellule qu'il habite, il tentait malgré son traumatisme et son rêve brisé de continuer à produire ce qu'il ne peut plus faire parce que ses mains sont trop vieilles et bousillées par l'âge, l'alcool et l'utilisation d'un balai; que n'ayant jamais apprit à taper à la machine, ni à se servir d'un ordinateur, et n'en ayant de toutes façons ni les moyens ni le courage, si tout celà l'avait condamné à écrire avec un vieux Bic bleu sur quelques feuilles d'un papier à lettre qu'il n'utilise plus que pour s'écrire à lui même des mots qui lui échappent , car le vin de la boulongerie du coin et l'absence de luminosité de sa celulle ont mit un frein à sa créativité ? ...


Il habite quand même juste en dessous de chez moi...
Et si sa vie maintenant ne se limitait plus qu'au fait de regarder la télé sur ce post qu'il avait reçu en livraison, à s'abrutir des images de ce monde même qui l'a fait couler ?



jo9


Et si le même sort m'était destiné ? Si c'était un signe que me lance Dieu pour m'inciter à trouver un cravail ou au contraire à ne pas en chercher ? (Va savoir ce qui se passe dans la tête d'un type impénétrable...)

jo10



...




jo11






























jo12